Souvent sous-estimé, le risque d’exposition aux poussières est pourtant bien réel dans le secteur du BTP. Parfois invisibles à l’œil nu, ces particules fines, présentes en permanence dans l’air, peuvent entraîner à la longue des risques délétères sur votre santé et celle de vos salariés. Par conséquent, il est primordial d’être capable d’identifier leur degré de nocivité, mais aussi de mettre en place les mesures adéquates pour assurer la sécurité de tous les intervenants sur le chantier.

Pour mieux appréhender ce risque et instaurer une démarche de prévention adaptée, K’Loué, votre spécialiste en location de matériel BTP en Martinique et Guadeloupe, fait le point pour vous.

 

 

Les différents types de poussières rencontrés sur un chantier

 

Sachez déjà que tous les corps de métiers du BTP sont concernés par les poussières et peuvent y être exposés : menuisier, maçon, métallier, plâtrier-plaquiste, peintre, conducteur d’engin, etc.

Certains travaux spécifiques dans le bâtiment sont d’ailleurs particulièrement générateurs de poussières comme :

  • les travaux de démolition ;
  • le ponçage ou le meulage (plafonds, murs et/ou sols) ;
  • le sciage du bois ;
  • le perçage des murs et des sols en béton ;
  • la découpe des matériaux de construction (briques, parpaings, pierres) ;
  • la pose d’isolants ;
  • le nettoyage post-chantier.

 

Parmi les poussières fréquemment rencontrées, on retrouve entre autres :

 les poussières de plâtre

composées principalement de poussières de gypse qui peuvent provoquer des irritations des yeux, de la peau ou des voies respiratoires ;

 les poussières de ciment

 qui peuvent altérer les fonctions respiratoires ;

 les poussières de silice cristalline

présentes dans de nombreuses roches (granit, grès, sable ou ardoise) et certains matériaux de construction (béton, mortier, etc.) qui peuvent entraîner des bronchites chroniques voire dans certains cas plus sévères une silicose (maladie pulmonaire irréversible) ;

les poussières métalliques

(aluminium, fer, cuivre, zinc, etc.) qui peuvent affecter les poumons ;

 les poussières de bois

qualifiées d’ennemis invisibles qui peuvent causer de l’eczéma, de l’asthme ou des complications ORL (risque de cancer des cavités naso-sinusiennes) ;

 les fibres d’isolants

émises notamment par la laine de verre ou de roche qui peuvent être à l’origine d’irritations cutanées, de conjonctivites, de rhinites et de pharyngites ;

les poussières de plomb

qui malgré leur interdiction depuis 1949 du fait de leur toxicité peuvent encore être présentes sur certains chantiers.

 

 

La classification des poussières selon la législation

 

Définition des poussières selon leur niveau de pénétration

L’article R. 4222-3 du code du travail  définit les poussières comme de fines particules solides dont le diamètre aérodynamique est inférieur à 100 micromètres ou dont la vitesse de chute est inférieure à 0.25 mètre/seconde.

Le niveau de pénétration de ces particules dans l’organisme, par voie pulmonaire, varie selon leur taille :

  •   poussières totales (entre 10 et 100 microns) : poussières retenues au niveau des fosses nasales ;
  •   poussières thoraciques (entre 5 et 10 microns) : poussières pouvant pénétrer dans la trachée, les bronches puis les bronchioles ;
  •   poussières alvéolaires (en dessous de 4 microns) : poussières ultra fines pouvant se déposer sur les alvéoles pulmonaires.

 

 

Les valeurs limites d’exposition professionnelle en vigueur   

Pour prévenir le risque d’exposition aux poussières, la réglementation impose un certain seuil à ne pas dépasser. Les VLEP (valeurs limites d’exposition professionnelle) fixées par l’article R. 4222-10 du code du travail font référence à la concentration moyenne d’un agent chimique dangereux dans l’air qu’un travailleur est autorisé à respirer au cours d’une période de 8 heures.

Depuis le 1er janvier 2022, le seuil ne doit pas excéder :

  •   7 mg/m³ d’air pour les poussières totales ;
  •   3,5 mg/m³ d’air pour les poussières alvéolaires. 

 

 

Les différentes classes de poussières selon leur dangerosité

Pour se protéger efficacement, il est essentiel de déterminer le niveau de dangerosité des différentes poussières en fonction de leur composition. Voici les 3 classes de poussières répertoriées selon leur nocivité d’un point de vue sanitaire :

  •   classe de poussière L  (poussière considérée comme légèrement dangereuse) : il s’agit des poussières domestiques inhérentes au nettoyage et des matières poussiéreuses telles que la sable ou le plâtre ;
  •   classe de poussière M (poussière considérée comme modérément dangereuse) : elle regroupe les poussières de bois, de métal et les particules de peinture ;
  •   classe de poussière H (poussière considérée comme très dangereuse) : il s’agit de la classe de poussières la plus nocive pour la santé composée de substances dites cancérogènes. On y retrouve notamment l’amiante, la poussière de plomb et les fibres minérales (fibres céramiques réfractaires précédemment utilisées pour l’isolation thermique à haute température, laines minérales d’isolation, silice, etc.).

 

 

Les conséquences de l’exposition aux poussières sur la santé dans le BTP  

 

Au-delà de l’inconfort immédiat qu’elles occasionnent, les poussières peuvent avoir aussi des effets gênants voire néfastes en cas d’inhalation ou de pénétration dans l’organisme :

  • irritation des yeux (larmoiements, conjonctivites) ;
  • affections dermatologiques (démangeaisons, brûlures, eczéma, etc.) ;
  • atteinte des voies respiratoires (toux irritative, asthme, etc.) ;
  • lésions nasales (rhinites, sinusites) et /ou irritation des bronches (bronchite) ;atteinte des poumons ou de la plèvre (fibrose pulmonaire, silicose, sidérose, cancer, etc.).
  • En cas d’exposition répétée à des poussières potentiellement cancérogènes (poussières de bois ou de silice cristalline), il est indispensable de mettre en place un suivi médical renforcé (examens médicaux à intervalles réguliers avec le médecin du travail).

 

 

Les bonnes pratiques pour limiter les risques sur le chantier

 

Les mesures de protection collective

Pour prévenir tous risques dommageables, il est essentiel de vous organiser en amont et de revoir vos pratiques de travail afin de réduire votre production de poussières. Pour cela, il convient de limiter au maximum l’exposition de vos collaborateurs grâce à des moyens de protection collective :

  • Restreignez l’accès à certaines zones sur le chantier ;
  • Isolez les postes de travail qui produisent le plus de poussières ;
  • Limitez la coactivité ;
  • Privilégiez la rotation de poste ;
  • Optez pour des produits moins émissifs (sacs de ciment sans poussières, enduits prêts à l’emploi, etc.) ;
  • Anticipez pour éviter les découpes sur le chantier ;
  • Déballez les isolants au dernier moment ;
  • Privilégiez le travail à l’humide et l’aspiration à la source quand cela est possible.

 

Les protections individuelles  

 

Pour garantir votre sécurité et celle de votre personnel, les équipements de protection individuelle (EPI) sont essentiels. Selon la nature des travaux à réaliser, vous devez fournir à vos collaborateurs :

  • Des protections respiratoires adaptées (masques jetables FFP2 ou FFP3) ;
  • Des gants de travail ;
  • Des lunettes de protection ;
  • Des chaussures de sécurité ;
  • Un casque de chantier ou une casquette renforcée ;
  • Une protection auditive.

 

Les outils permettant de réduire l’émission de poussières   

 

Certains outils sont particulièrement efficaces pour éviter une trop grande production de poussières, c’est le cas :

  • Des outils à main (carrelette, scie, massette, etc.) ;
  • Des outils électriques à vitesse de rotation lente ;
  • Des outils électroportatifs munis d’un système de captage des poussières intégré (perforateurs, meuleuses, ponceuses, etc.) ou d’un système d’arrosage (tronçonneuse ou carotteuse à eau par exemple). 

 

Le matériel adapté au nettoyage de chantier    

Le nettoyage du chantier et l’évacuation des déchets favorisent la propagation des poussières. Par conséquent, pour nettoyer les surfaces, il est conseillé d’utiliser un aspirateur équipé d’un filtre à particules fines afin d’éviter de remettre les poussières en suspension. À l’inverse, nous vous déconseillons fortement l’usage de la soufflette ou du balai pour éliminer les poussières. Veillez également à enfermer l’ensemble des déchets dans des sacs hermétiques à la fin de chaque journée de travail.

 

Pour toute question sur les risques poussières et les bonnes parades, vous pouvez contacter directement les conseillers K’LOUE par téléphone ou mail. Ils vous guideront dans vos choix.

La boutique des 4 agences propose à la vente des accessoires et consommables de chantier, ainsi que les équipements de protection individuelle (EPI).

 

 

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